Trouver sa façon de faire

marielou
Marie-Lou Gagnon
23 février 2019

Il y a quelques mois, quand on a plongé tête première dans le tourbillon de Braver, on a décidé de mettre de côté nos jobs sécuritaires et de se lancer dans le vide. Certes, ce n'était pas le choix le plus « wise ». Mais c’était pour nous le choix le plus cohérent avec ce qu'on voulait réellement.

Dès lors, on avait en tête une entreprise qui allait changer notre système de santé. Un projet qui devait changer la façon dont chacun aborde sa propre santé. Ha! Rien de moins. On était plus que motivés à créer ce grand changement ensemble. Dès les premiers balbutiements de Braver, on a mis sur papier sa vision, sa mission et ses valeurs. On s'est efforcé de plonger à l'intérieur de nous afin de comprendre réellement quelle était notre motivation intrinsèque et pourquoi on sentait ce feu brûler quand on en parlait.

Mais comme tout rêve, sa réalisation n'est possible que lorsque l'on décide de poser des gestes concrets. On a donc travaillé comme tout bon entrepreneur doit le faire: en faisant ses devoirs. On a étudié notre marché, on a validé nos hypothèses, on est allé rencontrer des gens (plein de gens) sur le terrain. Puis on a recommencé. Encore et encore. Et finalement, BOUM! On a trouvé la vraie proposition de valeur. Celle qui tout d'un coup a tellement de sens qu'on se demande pourquoi ça a pris tant de mois à en arriver là. En janvier 2019, après toutes ces réflexions et ce travail, on sentait vraiment qu'on était dessus.

Par contre, comme toute entreprise, la survie de Braver n'est possible que si elle est profitable. Ce que je veux dire par « profitable » c'est que ses revenus couvrent ses dépenses. Et avec un peu de lousse idéalement. Rendue là, c'était une autre partie de plaisir qui commençait. Une partie que je n'étais pas habitué à jouer. En fait, ce qui me confrontait réellement ce n'était pas de mettre sur papier des chiffres pour démontrer comment on allait créer une entreprise profitable. Non, en fait ce qui me confrontait, c'était le processus de vente. Et en lisant cela, vous avez peut-être la même petite voix intérieure qui crie lentement: « LE PROCESSUS DE VENTE (ouhhhhhh) ». L'idée de cogner aux portes des professionnels de la santé pour les convaincre d'utiliser Braver suscitait en moi des émotions contradictoires. Un mélange de « j'ai envie de vous montrer à quel point Braver est cool » et de « j'ai envie de partir en courant ». Je ne voulais pas « segmenter » ou « convertir » des clients - je voulais parler à des humains.

Mais c'est en réfléchissant à ce mélange d'émotions, à mes valeurs et à celles de Braver, que j'ai réalisé que je pouvais faire cela à ma façon. Et quand je dis à ma façon ce que je veux dire par là, c'est avec mon coeur. Et en toute honnêteté, je crois qu'on peut être très convaincant dans son rôle de vendeur si on parle avec son coeur et en cohérence avec ses valeurs. Ainsi, j'ai décidé de ne pas me sauver en courant et d'aller cogner aux portes des professionnels de la santé. Non pas pour les convertir en clients de Braver, mais bien pour ouvrir une discussion et établir une communication bidirectionnelle. Pour collaborer avec eux plutôt que de me servir de leur engagement pour atteindre mes buts personnels. J'ai envie de développer une relation de confiance qui sera basée sur une réelle rencontre d'humain à humain. Je veux que les professionnels qui embarquent dans Braver ne soient pas seulement des utilisateurs de Braver, mais bien des gens se sentant parties prenantes de la mission que nous portons jour après jour.

Et vous savez quoi? Dans un monde où « business » rime avec « croissance » et non avec « empathie », je doute parfois que l'on puisse réellement construire une entreprise avec son coeur. Mais qui a dit que le doute ne faisait pas partie de la route vers le succès?