Mon étoile du nord

marielou
Marie-Lou Gagnon
8 octobre 2019

Avant de m'embarquer dans l'aventure de Braver, je n'avais aucune idée de la route chaotique sur laquelle roulaient les entrepreneurs.

Je ne savais pas que c'était un mélange de:

  1. une belle route de campagne
  2. une montagne russe de type "je-capote-comment-c'est-le-fun-mais-je suis-pas-sûre-de-vouloir-continuer"
  3. détours de construction qui n'en finissent plus et qui me font douter que j'ai pris le bon virage.

Je pense que cette route-là est assez difficile à imaginer si on ne l'a jamais emprunté.

J'ai toujours cru que c'était important de parler avec transparence et d'exposer qui se trouvait réellement derrière Braver. Je ne vous le cacherai pas, les dernières semaines ont été plutôt intenses. La semaine passée, couchée sur mon divan avec une p'tite boule de stress au fond du ventre, je pensais à vous. Je me disais que j'avais dont ben hâte de vous montrer notre application. Que j'avais dont ben hâte que les professionnels de la santé puissent utiliser Braver. Et avec ma p'tite boule de stress dans le fond du ventre, je me disais que vous deviez dont ben trouver ça long notre processus. Et là, je me suis rappelé qu'il n'y a rien de mieux que de communiquer pour comprendre la réalité de l'autre.

Alors voilà, on est début octobre 2019, on a une belle p'tite boule de stress qui nous suit depuis quelques semaines et on travaille fort pour arriver le plus vite possible avec notre fameuse solution qu'on imagine, réimagine et peaufine depuis juillet 2018. Ben oui, juillet 2018. Qu'est-ce qui s'est passé depuis ce temps-là?


Il y a d'abord eu beaucoup de recherche sur le terrain afin de comprendre la réalité des professionnels et de bien identifier la problématique que l'on voulait attaquer. Ensuite, il y a eu des concours, des demandes de subventions, des rencontres pour se challenger, des rencontres pour apprendre et des rencontres pour se remettre en doute.

Puis, on a commencé (pas moi, évidemment) à coder: écrire des centaines et des milliers de lignes de code, apprendre des nouvelles technologies, comprendre les régulations de notre système de santé en matière de protection de données. Puis on a intégré un employé, un stagiaire, un sous-traitant. On a pris d’une main de fer notre comptabilité, développé une stratégie de commercialisation, une stratégie de communication et opérationnalisé notre développement technologique.

On a rencontré des investisseurs, des avocats, un comptable, des entrepreneurs en santé et des dizaines de professionnels de la santé. On a organisé un premier Braver Talk, réécrit trois fois notre plan d'affaires, rédigé des articles de blogues et dessiné des dizaines de concepts. Fait et refait le design de l'application. Validé les prototypes avec les professionnels. Rencontré des associations.

Et là on est arrivé fin septembre et on a réalisé que ça allait pas encore assez vite, qu'on devait mettre encore les bouchées doubles pour arriver à, enfin, vous livrer notre "minimal viable product". Pour qu'on puisse, enfin, tester notre application en contexte clinique et vraiment voir si la magie peut prendre vie entre vos mains. Cette magie-là, c'est un peu ça notre carburant. Cette magie-là, c'est de créer un monde où Braver existe; un monde où les professionnels forment une communauté connectée qui s'entraide pour donner leur meilleur au patient.

En tant qu'entrepreneur, la route est longue et inconnue. Et quand je regarde mes pieds sur cette route, ça me donne parfois le vertige, alors j'essaie plutôt de garder les yeux vers le ciel. En regardant là-haut, je vois ma vision d'un meilleur système de santé. Et jamais au grand jamais je ne dois la perdre de vue, car, ça, c'est mon étoile du nord.