photo par Anne-Sophie Beaudoin

Braver Talk: qu'en pensent les professionnels?

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Marie-Lou Gagnon
4 juillet 2019

Quand on a décidé de faire les Braver Talk, l'idée nous était apparue comme une évidence. Notre petite voix intérieure nous disait que c'était le chemin à prendre et on s'y est aventuré avec enthousiaste avec un sac à dos rempli d'idées. On a commencé à préparer cette belle soirée et c'est alors que le stress s'est emparé de notre être bien confiant. On savait que c'était la bonne voie, mais on avait peur de mal le faire. Bien le faire signifiait investir beaucoup de temps et d'argent. Mais était-ce un bon investissement? Et bien que les professionnels de la santé soient interpellés par notre mission, seraient-ils aussi motivés lorsqu'on leur demanderait de poser un geste réel et d'investir du temps pour Braver?

Eh bien oui! On peut vous dire avec fierté que notre système de santé compte parmi ses rangs des professionnels de la santé qui ont non seulement des valeurs de collaboration, mais qui aspirent aussi à porter celle-ci plus loin et qui sont prêts à investir du temps pour y arriver. Les professionnels de la santé qui se sont présentés au premier Braver Talk étaient motivés, engagés et surtout contents d'être présents pour échanger et contribuer au projet. Ils ont parlé avec générosité, transparence et ouverture d'esprit.

Cette transparence était nécessaire pour que les professionnels nous exposent les difficultés, les craintes et les embûches qu'ils vivaient en regard de la collaboration. Le concept de collaboration interprofessionnelle est inspirant et beau en théorie, mais la pratique peut en être autrement. Les professionnels de la santé sont tous très occupés et doivent souvent investir du temps non rémunéré pour collaborer et communiquer entre eux. Ce contexte de travail crée parfois de la frustration et un sentiment d'épuisement face au système de santé. L'incompatibilité des horaires de travail entre les différents professionnels les freine aussi énormément à collaborer de manière efficace. De même, l'interprétation du code de déontologie et les règlements entourant le consentement du patient sont également des éléments qui complexifient le contexte de collaboration. Mais au-delà de ces limites légales, procédurales et temporelles, les professionnels de la santé ont aussi soulevé des limites humaines. Plusieurs soulignaient que parfois le manque de volonté de certains professionnels à collaborer était également un obstacle majeur. Il en va de même avec le respect et la reconnaissance de l'expertise des autres professionnels. Le défi est grand et les professionnels nous l'ont confirmé. Même s'ils tentent tous de mettre le patient au coeur de cette collaboration, la réalité clinique nous démontre que plusieurs obstacles changent les règles du jeu.

Malgré toutes ces difficultés, une grande beauté réside dans le fait que les professionnels aspirent tout de même à collaborer davantage afin d'offrir de meilleurs soins au patient. Tous voient la pertinence de créer une solution technologique telle que Braver. Ils désirent fortement une collaboration interprofessionnelle plus présente et mieux réussie. Ils veulent la facilité, la convivialité et l'accès à une communication sécuritaire. Ils veulent être reconnus pour leur expertise, être écoutés par les autres professionnels et être plus efficaces dans leur pratique. Ils aspirent à être connectés avec une communauté de professionnels qui partage les mêmes valeurs de collaboration et avec qui s'entraider pour mieux entourer leur patient. Ils ont des craintes, ils ont des peurs, mais ils ont tout de même cette ouverture à embrasser le changement. Et la démonstration de cette volonté à participer au changement était plus qu'inspirante: elle était le reflet du message que Braver porte depuis le début de son existence.

Combien sont-ils au Québec à vouloir ce changement? Certains diront qu’ils ne sont pas assez. Mais nous croyons qu’il y a toute une génération de professionnels qui est prête à changer; elle veut s'entraider, collaborer et apprendre les uns des autres tout en mettant le bénéfice du patient au coeur de la démarche. Maintenant la question est à savoir si nous réussirons à susciter encore de l'intérêt avec un 2e Braver Talk. Nous savons que nous voulons répéter l'expérience, soit en continuant dans la ville de Québec ou bien en répétant le même Braver Talk en région. On aimerait vous entendre! Qu'en pensez-vous?